article de l’Indépendant, Edition A u d e du 20 novembre 2006

Gérard Schivardi en campagne à la conquête de l’Elysée !

Mais où s’arrêtera le maire de Mailhac, conseiller général du canton de Ginestas? Hier, Sa candidature a été annoncée à Paris, portée par les élus signataires d’un engagement de défense des services publics : le Comité de Reconquête de la Démocratie.

A l’issue de la manifestation qui a rassemblé près de 10000 personnes à Paris, samedi, à l’appel du Comité National pour la Reconquête de la Démocratie, créé en 2005, Gérard Schivardi a pris la tête des maires désireux de s’adresser directement à la nation. A la demande des maires fondateurs de ce Comité, , il a accepté d’être candidat à la présidence de la république.

Pour ces élus, qui parlent d’une seule voix, la pression est réelle, et elle représente une véritable force sur laquelle ils s’appuient pour dénoncer haut et fort les dérives actuelles visant à rogner sur les services publics, défendre les 36000 communes, et "reconquérir la République, une, laïque et indivisible". A l’issue de la création de ce comité, une lettre aux maires de France avait été envoyée aux élus. 476 d’entre eux ont signé cette lettre et se sont engagés à soutenir tout candidat qui remettrait en cause le carcan de l’Union Européenne. Ce candidat devait être animé de la volonté de restaurer la démocratie communale et les services publics. Ces maires signataires sont, pour la plupart, élus de petites communes où la disparition des bureaux de poste, des trésoreries, des gares SNCF, et des écoles a été douloureusement ressentie par la population. Sur le plan de la santé publique, c’est la fermeture des services de maternité qui a provoqué un émoi considérable auprès des villes et villages concernés.

Anti-Maastricht.

Pour ces maires, qui se rangent aujourd’hui derrière Gérard Schivardi, les directives européennes sont responsables du chômage et de la précarité actuelle. "Je suis donc prêt",a affirmé solennellement Gérard Schivardi à la tribune du Comité samedi à Paris. "Nous devons prendre nos responsabilités. Si vous en êtes d’accord je suis prêt à présenter, en notre nom à tous, ma candidature à l’élection présidentielle. Pour moi, la démocratie est à reconquérir. La démocratie repose sur deux piliers institutionnels : les institutions politiques à la base de la République (nos 36000 communes, les libertés d’expression et d’organisation, la laïcité de l’école et de l’Etat) et les institutions sociales conquises par les générations précédentes (les services publics et notamment la Poste), la sécurité sociale, l’école de la République. Ces deux piliers de la démocratie sont menacés de disparaître sous les coups répétés de l’Union européenne. Ensemble, faisons entendre la voix de ceux qui n’acceptent pas."

Les premiers maires signataires se sont constitués en Comité de soutien à la candidature du conseiller général du canton de Ginestas, et se sont proposés d’ouvrir la discussion dans tous les départements. Gérard Schivardi est prêt à aller jusqu’au bout... au second tour ! "Tous, avec les salariés du public et du privé, les jeunes, les retraités, les agriculteurs, écrivons le programme de défense de nos bureaux de poste, de nos services de l’équipement, de nos écoles, de nos hôpitaux, de nos caves coopératives... de reconquête de la démocratie sociale. Il ne s’agit pas d’une question de personne. Pour ma part, si mes collègues en sont d’accord, je suis prêt à aller jusqu’au bout, quelles que soient les difficultés. J’estime, et tous nous estimons, que nous n’avons pas le droit de laisser à nos enfants une société qui leur refuserait les droits dont notre génération a bénéficié."

Candidat, certes, mais pour valider officiellement cette candidature, le maire de Mailhac doit se prévaloir de 500 signatures. Ce dont il ne doute pas... A la suite de la manifestation de défense des services publics, où 10000 personnes ont battu le pavé de Nation à République, des journalistes ont interrogé Gérard Schivardi sur son appartenance politique. Lui, farouchement socialiste, contraint de quitter le PS suite aux déboires vécus dans la communauté de communes, a rappelé sa tradition républicaine et socialiste, tout en niant l’étiquette d’extrême gauche dont on aimerait bien l’affubler. Jusqu’à Claire Chazal qui, hier, au 13h, l’annonçait candidat du parti des travailleurs. Y a du travail !

V. D.



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