YVES-MARIE ADELINE



REPOND AU QUESTIONNAIRE DE PROUST DES GARS DE LA ROYAL







Mini-bio

Yves-Marie Adeline Soret de Boisbrunet, plus connu sous le nom de Yves-Marie Adeline est docteur de l’Université de Paris 1 (Panthéon-Sorbonne).

Il enseigna à l’Université de Poitiers de 1986 à 1989, puis sortit du monde universitaire et alterna des périodes de rédaction d’ouvrages et de collaboration dans des cabinets politiques.

Auteur d’une quinzaine de livres, il se fit surtout remarquer par ses travaux politiques, en particulier un traité qui a renouvelé la pensée royaliste : Le Pouvoir légitime (1997) et deux titres qui analysent les rapports entre la gauche et la droite dans notre régime : La Droite piégée (1996) et La Droite où l’on n’arrive jamais (2000).

Il a créé l’Alliance Royale en 2001 et se présente aujourd’hui à l’élection présidentielle.

Il a récemment publié Le Royalisme en questions (2003), une œuvre qui bouleverse les milieux royalistes et interroge l’ensemble du milieu politique français.

Marié, Yves-Marie Adeline est le père de huit enfants.





Profession de foi

La France est en crise.

  • Crise de la représentation, ses parlementaires ne représentant plus que les partis qui les ont investis;
  • crise de la légitimité des institutions derrière le discrédit des hommes politiques;
  • crise budgétaire quand le poids de la dette supprime toute marge de manoeuvre;
  • crise économique dans laquelle se débatent nos compatriotes les plus démunis;
  • crise de son identité, ne sachant plus qelle est son histoire ni quelle est sa filiation spirituelle.


Cette crise n’est pas récente. Elle est bien entendu liée aux changements profond que connaît le monde depuis 60 ans. Et tous les pays de ce qu’il est convenu d’appeler la vieille Europe sont touchés. Cependant la France s’en sort moins bien que bien d’autres pays européens. Singulièrement, elle s’en sort beaucoup moins bien que les monarchies d’Europe.

Si j’ai décidé d’être candidat à l’élection présidentielle, c’est pour faire connaître aux Français qu’il y a une alternative aux institutions qu’ils connaissent depuis si longtemps et dont on leur a dit qu’elles étaient les meilleures du monde. Pour leur dire qu’il est faux de croire et de faire croire que la république est le régime qui apporte le plus de liberté et de démocratie.

Les élections européennes, auxquelles j’ai participé, et le résultat du référendum sur le traité constitutionnel pour l’Europe ont montré, à un point caricatural, combien nos gouvernants, nos parlementaires, les élites dominantes de la communicatons, étaient en décalage profond avec le peuple. Où est la démocratie alors ? Oui, d’autres institutions sont possibles, que la France a connu, qui l’ont faite même, et que d’autres pays connaissent encore. C’est la royauté.

En 1974 déjà Bertrand Renouvin avait osé introduire la question des institutions dans le débat présidentiel. Je veux aujourd’hui la reprendre et proposer à mes compatriotes l’alternative royale. Il ne s’agit pas de nostalgie ou de passéisme. Je l’ai déjà dit, les pays les plus avancés d’Europe, tant sur le plan économique que sur le plan politique, ceux dans lesquels la liberté et la démocratie sont les mieux respectées, sont des monarchies. Ce n’est pas un hasard.

Avoir un roi comme chef de l’État, c’est un gage d’unité pour un pays, c’est une façon de renforcer son identité tout en préservant la diversité de ses communautés. Voyez la Belgique, l’Espagne, l’Angleterre, qui ne craignent pas de décentraliser largement, qui fédèrent des communautés parfois antagonistes, parce que la figure du roi les réunit. Quelle différence entre un changement de souverain dans ces pays, occasion de renforcer leur unité, et nos élections présidentielles, occasions de division voire de troubles comme en 2002.

A l’heure de la globalisation de l’économie et de la coopération politique internationale, le roi permet, sans crispation nationaliste, de préserver et même de renforcer le sentiment d’appartenir à une même nation, permet de vivre les différences culturelles comme un enrichissement et non comme une cause de conflit. Cette ré-instauration d’un roi ne nécessite pas de bouleversements majeurs de nos institutions politiques. Il suffit de suivre la logique de la Vème républque. remplacer le président par un roi ne ferait que parachever l’oeuvre institutionnelle du Général de Gaulle. Là où les tenants d’une VIème république ne veulent en fait que revenir aux errements de la IVème, accentuant les défauts de l’actuelle constitution en renonçant à ce qui, en elle, apporte un peu de stabilité, je veux au contraire renforcer ses points positifs en gommant ce qu’elle garde de négatif pour notre pays. Et tout d’abord je veux proposer aux Français d’établir une démocratie équitable par une réforme profonde de la représentation nationale. J’ai souligné le décalage profond entre le peuple de France et ceux qui sont censés le représenter. C’est que la démocratie a été confisquée par les partis qui en ont pipé les règles à leur profit. Combien d’ouvriers, d’artisans, de mères de famille parmis les parlementaires ? Comment s’étonner dès lors qu’ils ne comprennent pas les Français ?

Pour y remédier, je veux proposer au pays une représentation sincère par l’élection des députés par des collèges électoraux regroupant les Français par catégories socio-professionnelles : artisans, paysans, entrepeneurs, salariés, mère de famille, etc. Ainsi l’éventail de la représentation serait plus large et reflèterait la réalité de la France.

La crise des institutions ne touche pas que le domaine politique. Elle touche aussi la justice, parfois de manière dramatique comme dans le cas de l’affaire d’Outreau. C’est que la justice, comme la médecine ou l’école, sont les dernières institutions qui luttent encore contre la perte des valeurs. Mais sociales. Mais qu’hélas le pouvoir politique n’a eu de cesse depuis des décennies de l’instrumentaliser ou de la freiner parce qu’elle la craint. Nos gouvernants, de gauche comme de droite, ne respectent pas l’indépendance de la justice. La solution royale que je propose permettrait d’assurer une véritable indépendance de la justice. Si la nomination des ministres, dans le schéma institutionnel que je propose, resterait de la responsabilité du premier ministre, issu de la représentation nationale, le roi garderait pour lui la nomination du Garde des Sceaux. Il y aurait ainsi une véritable séparation du politique et du judiciaire. Biens d’autres réformes, accordant plus de liberté sans pour autant affaiblir la nécessaire autorité de l’État, seraient permises par une monarchie française.

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