Car en fait, il est peut-être là le noeud du problème. Les électeurs ont-ils un véritable désir de vrai ? Ont-ils envie de savoir la vérité ?

On pourra gloser et conjecturer pendant des pages sur les sens de la vérité, comme les philosophes ont passé cent vies à les définir mais nous serions hors du propos.

La vérité dont nous parlons ici, c'est celle de monsieur tout le monde, du café croissant du matin, de la feuille d'impôts, de la cantine des gosses, de la TVA sur la bouffe et du strict nécessaire.

Pas la définition de Schopenhauer, Sartre ou Chomsky. Non. Plutôt la définition de la vérité que donne le candidat qu'on aime bien, en qui on a confiance pour diriger le pays ou tout au moins pour faire barrage aux autres candidats qu'on trouve tellement nuls.

Et qu'est-ce qu'elle a fait, Ségolène ?

Elle en a dite une de vérité, pas fort, à pas beaucoup de monde, en demandant que ça ne sorte pas de la pièce parce que ça risquait de faire du bruit.

Sur le dernier point elle a été plutôt visionnaire.

Pour le reste, elle a sans doute eu tort. Tort de dire autre chose que ce que les électeurs veulent entendre, tort de faire confiance, tort de vouloir changer les choses établies, les systèmes.

Car si nous étions un pays de révolutionnaires, ça se saurait.

Si nous voulions que tout aille mieux, ça se saurait.

Si le peuple de 2006 avait la rage au ventre de celui de 1789, ça se saurait également.

Car on ne fait pas une révolution en brûlant quelques voitures, on ne fait pas une révolution en donnant la retraite à 50 ans à certains fonctionnaires, on ne fait pas la révolution avec le peuple des 35 heures.
Et c'est peut-être d'ailleurs pour nous passer l'envie de la faire qu'ils nous les ont collées au cul, les 35 heures.

Et s'il n'est pas question de faire la révolution, alors, à quoi bon dire quelques vérités, aussi vraies soient-elles ?

Et Le Pen le sait bien, et Sarkozy le sait bien, qui nous disent ce qu'on aime entendre, ce qu'on veut entendre, qui nous font croire que c'est la vérité, notre vérité et que notre vérité c'est La vérité.

Alors, en attendant la prochaine révolution, voici la petite vidéo qui fâche. Ecoutez, jugez, commentez si vous voulez.

Mais, finalement, si une femme présidente sous la cinquième république, c'était ça, le début de la révolution ?






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