Un monde juste ? Et puis quoi encore !
Par lesgarsdelaroyal, jeudi 14 décembre 2006 à 22:11 :: Le Billet :: #137 :: rss
L'affaire Seznec
On la connaît tous, cette affaire.
La plupart d'entre nous est née qu'elle était déjà ancienne.
Seznec, envoyé au bagne pour un meurtre sans cadavre et sans preuve irréfragable.
Et ce qu'elle a de central cette affaire, c'est qu'elle est à l'image exacte de la justice en France en 2006.
Une justice injuste !
Mais après tout, bonnes gens, vous faut-il une justice juste pour être heureux ? Non, bien entendu que non. La justice de par sa nature même ne peut pas être juste. Elle n'est pas faite pour ça.
La justice, c'est le respect du droit. Point. Rien d'autre. "Allez, circulez, ya rien à voir" comme disait l'ami Coluche.
En fait, le problème vient de la dichotomie entre l'idée que s'en fait le justiciable et celle que s'en fait le justicier.
Souvenez-vous de ces improbables films de cow-boy des années soixante, ou les juges n'étaient là que pour faire pendre haut et court les desperados.
Les temps n'ont pas changé. Le désastre d'Outreau en est la pointe immergée de l'iceberg. Et cet iceberg là est sans fond.
Réhabiliter Seznec serait reconnaître comme loi le bénéfice du doute !
Et puis quoi, encore ?
Et pourquoi pas que les innocents ça existe ? Vous n'êtes pas bien ? La justice est là pour s'occuper des coupables. Même si ces coupables sont innocents, c'est là la dernière de ses préoccupations.
On ne peut pas remettre en cause l'équilibre de tout l'édifice pour quelques erreurs judiciaires, aussi médiatiques ou majeures soient-elles.
Annoncer à la face du monde qu'un coupable est en fait un innocent, c'est révéler que Dieu n'existe pas, qu'il n'y a qu'une race humaine, que les filles préfèrent les mecs bien montés.
Inutile d'insister. Ce n'est pas possible.
Il y a des tabous qui n'existent que pour préserver la cohésion de l'ensemble de la société.
Et l'affaire Seznec en fait partie.
L'affaire Seznec, c'est une bombe.
Réhabiliter Seznec c'est donner de l'importance au peuple face à sa justice, c'est proclamer que le droit est au service de l'homme et des citoyens et non pas le contraire, c'est remettre en question la place même du peuple dans sa propre société et concomitamment l'ordre établi et toutes les autres hiérarchies.
En 2006, il n'est pas là pour être innocent, le peuple. C'est l'inverse. On a besoin de lui. Il faut qu'il obéisse. Et ce ne sont pas les innocents qu'on peut faire obéir, ce sont les coupables.
Le peuple, ça sert à consommer, à rembourser des dettes, à faire marcher le commerce, tourner la machine, faire fructifier le grand capital. Le peuple il doit obéir et donc craindre sa justice.
C'est bien pire qu'une idée, c'est une réalité.
Seznec ne sera jamais réhabilité sans doute parce qu'il est innocent. C'est là son crime fondamental.
La plupart d'entre nous est née qu'elle était déjà ancienne.
Seznec, envoyé au bagne pour un meurtre sans cadavre et sans preuve irréfragable.
Et ce qu'elle a de central cette affaire, c'est qu'elle est à l'image exacte de la justice en France en 2006.
Une justice injuste !
Mais après tout, bonnes gens, vous faut-il une justice juste pour être heureux ? Non, bien entendu que non. La justice de par sa nature même ne peut pas être juste. Elle n'est pas faite pour ça.
La justice, c'est le respect du droit. Point. Rien d'autre. "Allez, circulez, ya rien à voir" comme disait l'ami Coluche.
En fait, le problème vient de la dichotomie entre l'idée que s'en fait le justiciable et celle que s'en fait le justicier.
Souvenez-vous de ces improbables films de cow-boy des années soixante, ou les juges n'étaient là que pour faire pendre haut et court les desperados.
Les temps n'ont pas changé. Le désastre d'Outreau en est la pointe immergée de l'iceberg. Et cet iceberg là est sans fond.
Réhabiliter Seznec serait reconnaître comme loi le bénéfice du doute !
Et puis quoi, encore ?
Et pourquoi pas que les innocents ça existe ? Vous n'êtes pas bien ? La justice est là pour s'occuper des coupables. Même si ces coupables sont innocents, c'est là la dernière de ses préoccupations.
On ne peut pas remettre en cause l'équilibre de tout l'édifice pour quelques erreurs judiciaires, aussi médiatiques ou majeures soient-elles.
Annoncer à la face du monde qu'un coupable est en fait un innocent, c'est révéler que Dieu n'existe pas, qu'il n'y a qu'une race humaine, que les filles préfèrent les mecs bien montés.
Inutile d'insister. Ce n'est pas possible.
Il y a des tabous qui n'existent que pour préserver la cohésion de l'ensemble de la société.
Et l'affaire Seznec en fait partie.
L'affaire Seznec, c'est une bombe.
Réhabiliter Seznec c'est donner de l'importance au peuple face à sa justice, c'est proclamer que le droit est au service de l'homme et des citoyens et non pas le contraire, c'est remettre en question la place même du peuple dans sa propre société et concomitamment l'ordre établi et toutes les autres hiérarchies.
En 2006, il n'est pas là pour être innocent, le peuple. C'est l'inverse. On a besoin de lui. Il faut qu'il obéisse. Et ce ne sont pas les innocents qu'on peut faire obéir, ce sont les coupables.
Le peuple, ça sert à consommer, à rembourser des dettes, à faire marcher le commerce, tourner la machine, faire fructifier le grand capital. Le peuple il doit obéir et donc craindre sa justice.
C'est bien pire qu'une idée, c'est une réalité.
Seznec ne sera jamais réhabilité sans doute parce qu'il est innocent. C'est là son crime fondamental.

Les gars de la Royal - Reproduction autorisée en citant la source
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