Ces temps de lutte acharnée pour le pouvoir me font immanquablement penser aux autres luttes, encore plus violentes, qui opposent les hommes au règne animal.

Et quand on parle de règne animal, c'est sans doute pour se donner insconsciemment du coeur à l'ouvrage dans la destruction, car de règne aujourd'hui il ne reste plus que celui de l'espèce humaine sur cette terre et peut-être plus pour très longtemps d'ailleurs.

Rien ne se fait dans le calme et la sérénité, nous sommes génétiquement fabriqués ainsi. Il faut tuer, rien ne peut exister sans la mort de l'autre puisque l'on sait que notre mort nous attend inévitablement. Mort physique ou morale, définitive ou psychologique. La mort et tous ses synonymes, la torture, l'esclavage, le travail forcé, la prostitution.

Et l'autre c'est l'homme, l'animal, la nature, la terre, la vie. Tout ce qui vit doit mourir, mais mourir vite et de nos mains.

On se prend alors à imaginer une petite planète, tournant autour d'une petite étoile, perdue dans le maelström d'une petite galaxie lointaine, trop lointaine pour que jamais nous ne puissions un jour envisager de l'atteindre, une petite planète sur laquelle tout serait notre négatif.

La mort ne ferait pas partie des possibles, elle n'existerait pas et, dès lors, nul n'aurait besoin de tuer tout et sans cesse puisque l'idée même de la mort ne germerait dans le cerveau de personne.

Comme on admet l'infini de l'univers, peut-on imaginer quelque part l'infini de la vie ?

Etant donné qu'on ne pourrait pas mourir, on ne pourrait pas se tuer, cela va de soi. On ne pourrait donc pas se faire la guerre -inconcevable- on ne pourrait pas se torturer, se supprimer, se mutiler, se détruire, ni donc, s'asservir, se mettre en esclavage, ni manger de la viande.
On n'aurait peut-être pas besoin de manger puisqu'on vivrait indéfiniment.

Est-ce qu'on s'emmerderait dans ce monde sans mort ?

N'est-ce donc que la mort qui donne tout son sens à la vie ?

Nos esprits sont-ils si petits que cela ?

Et au fait, est-ce qu'il y aurait des élections sur cette petite planète ? Est-ce que ses habitants se disputeraient pour le pouvoir ? Est-ce que le pouvoir existerait ?

Tout compte fait, ne cherche-t-on pas à dominer l'autre parce qu'on a peur de mourir ?

Nous vivons sur la planète où tout meurt.

Et dire que c'est la seule bonne nouvelle de la journée sur Jean-Marie Le Pen ...