La cruche et le fléau...
Par lesgarsdelaroyal, lundi 5 février 2007 à 10:46 :: Tribune libre :: #169 :: rss
Une tribune libre de Pierre Damiens, n°8
Sarkozy incarne indubitablement le plus grand péril pour la France, parce qu'il est malin, calculateur, dévoré d'ambition, sciemment instrumentalisé par les grands parrains de la finance et parce que son projet est parfaitement cohérent et même déjà en voie de réalisation.
A tel point que les socialos sont complètement paralysés face à sa dialectique et ne contre-attaquent même plus, ayant déserté ce qui était leur champ de bataille historique: la vertu républicaine, l'élévation par le mérite, le travail comme fondement de la richesse, la famille nucléaire comme noyau social.
Il leur serait pourtant simple de prendre le contre-pied du sarkozisme en remettant au goût du jour les fondements du socialisme: la primauté de l'intérêt public sur les prétentions individuelles, l'utilité sociale comme critère fondamental de la légalité. A l'inverse, le socialisme a récupéré la phraséologie gauchiste libertaire, englobant dans une normalité en perpétuelle expansion toutes les déviances comportementales au point qu'il est aujourd'hui impossible d'être marginal. Les socialistes se sont intellectuellement suicidés en légitimant l'incivisme, le dénigrement de l'identité nationale et en confondant tolérance et lâcheté.
Aujourd'hui, les pontes du PS sont engoncés dans leurs contradictions: un conservatisme paradoxal, visant la préservation de leurs privilèges, péniblement masqué par un modernisme de façade. Même avec un sens critique émoussé, on perçoit sans peine le ridicule de ces millionnaires en col roulé, qui prônent la solidarité avec les classes défavorisées et son financement par l'impôt tout en s'abritant derrière des montages financiers pour protéger des rigueurs du fisc un patrimoine personnel d'origine plus que douteuse !!!
Dans ce cloaque, Ségolène a cru pouvoir créer la surprise, et peut-être y parviendra-t-elle finalement, en conquérant un électorat désabusé sur le terrain des sentiments. Mais pour pouvoir briguer le mandat présidentiel, il lui a fallut d'abord s'imposer au sein de son propre camp, ce qui a monopolisé l'essentiel de son énergie. Elle a encore une fois déployé son unique tactique : usant de la séduction dans l'offensive, elle s’est repliée systématiquement sur le terrain de la femme blessée lorsqu'elle s’est sentie menacée. Faussement ingénue, populaire par nécessité, elle s’est fait violence pour rallier les foules et opérer un putsch à l'intérieur même du PS: gagner le coeur des militants pour renverser les éléphants.
D'où un inévitable divorce entre l'appareil du parti et sa candidate. Ségolène fait aujourd’hui campagne sans le PS, tandis que l'UMP est une machine sarkoziste lancée à plein régime. Dès lors, rien d'étonnant à ces bourdes en cascade, ces dégringolades sur des planches savonnées par ceux qui sont censés la soutenir. En guerre froide contre son concubin, ayant congédié son porte-parole, Ségolène est aujourd'hui en rupture de ban. Or elle n'a pas la trempe d'une aventurière. Elle n'a pas le mental d'un chef. Elle est incapable de décider dans la complexité.
L'élection de Ségolène est encore possible car son charme est certain et peut encore la tirer d'affaire dans le registre de la compassion. Mais dans ce cas, nous aurons un président de la république élu par pitié, fragilisé et sans soutien. Cette expérience sera inévitablement un échec cuisant, comme l'a été celle d'Edith Cresson. Elle marquera la fin d'une cinquième république qui était conçue à l'usage exclusif de De Gaulle et aurait du finir avec lui. La France pourrait cependant s'en relever après une crise institutionnelle majeure.
En revanche, l'élection de Sarkozy constituerait un point de non retour car elle marquerait la fin de la France comme entité politique. Sarkozy consacrera le triomphe d'un libéralisme affranchi des pesanteurs nationales, le primat de l'économique sur le politique et la réduction du rôle de l'état à celui d'un système sécuritaire et répressif. Tout est parfaitement planifié. Il a bénéficié du travail des « think tanks » néo-conservateurs. Il dispose de ressources financières quasi-illimitées.
Sarkozy fera table rase des exceptions françaises : un « traité constitutionnel européen allégé » est déjà prêt qui sera ratifié par un vote du parlement pour contourner le veto du référendum de 2005. Ce texte portera un coup fatal à notre souveraineté. Sarkozy alignera la France dans le rang de l’atlantisme, rangeant notre défense nationale dans le camp des forces supplétives de l’US-army, composante nucléaire comprise. Sarkozy achèvera de privatiser les portions financièrement rentables du service public pour laisser aux contribuables la charge des investissements d’infrastructure : l’état sarkosien est une machine à transformer les fonds publics en bénéfices privés. Sarkozy favorisera l’émergence d’une économie mercantile, où les classes moyennes seront pressurées afin de draîner les plus-values nécessaires pour dégager les profits pharaoniques que les nouveaux nababs de la grande finance exigent.
L’identité française, ferment de résistance au conformisme et au nivellement sera noyée dans un cosmopolitisme dont le but ultime n’est pas l’instauration d’un monde pacifique et harmonieux entre des peuples métissés comme on l’annonce. Une civilisation minimale remplacera les cultures nationales dans le seul but de standardisation des besoins de consommation.
Le sarkozisme c’est l’avènement d’une humanité conçue comme un cheptel méthodiquemement exploité. A chaque fois que vous défendrez le brassage culturel et le métissage, le libre-échange et la légalisation des comportements asociaux, à chaque fois que vous vous inventerez des solidarités exotiques avec les indiens du Chiapas ou les micronésiens, loin de braver le sarkozisme, vous l’alimenterez dans son entreprise de déracinement.
La seule résistance possible à l’ultralibéralisme totalitaire, c’est de cultiver ses racines, de s’y cramponner mais aussi de les faire fructifier pour refonder, oui, refonder, une civilisation originale. Une civilisation conforme à l’âme européenne et à l’humanisme français, c’est une société ou la politique est au service de l’homme et où l’homme est au service de sa communauté, dans le respect des lois qu’il a empiriquement établies et des valeurs qu’il a choisi de célébrer.
Comme pour tous les autres textes publiés sur le site "www.lesgarsdelaroyal.com", les propos tenus et les idées développées n'engagent chaque fois que leurs auteurs respectifs.
A tel point que les socialos sont complètement paralysés face à sa dialectique et ne contre-attaquent même plus, ayant déserté ce qui était leur champ de bataille historique: la vertu républicaine, l'élévation par le mérite, le travail comme fondement de la richesse, la famille nucléaire comme noyau social.
Il leur serait pourtant simple de prendre le contre-pied du sarkozisme en remettant au goût du jour les fondements du socialisme: la primauté de l'intérêt public sur les prétentions individuelles, l'utilité sociale comme critère fondamental de la légalité. A l'inverse, le socialisme a récupéré la phraséologie gauchiste libertaire, englobant dans une normalité en perpétuelle expansion toutes les déviances comportementales au point qu'il est aujourd'hui impossible d'être marginal. Les socialistes se sont intellectuellement suicidés en légitimant l'incivisme, le dénigrement de l'identité nationale et en confondant tolérance et lâcheté.
Aujourd'hui, les pontes du PS sont engoncés dans leurs contradictions: un conservatisme paradoxal, visant la préservation de leurs privilèges, péniblement masqué par un modernisme de façade. Même avec un sens critique émoussé, on perçoit sans peine le ridicule de ces millionnaires en col roulé, qui prônent la solidarité avec les classes défavorisées et son financement par l'impôt tout en s'abritant derrière des montages financiers pour protéger des rigueurs du fisc un patrimoine personnel d'origine plus que douteuse !!!
Dans ce cloaque, Ségolène a cru pouvoir créer la surprise, et peut-être y parviendra-t-elle finalement, en conquérant un électorat désabusé sur le terrain des sentiments. Mais pour pouvoir briguer le mandat présidentiel, il lui a fallut d'abord s'imposer au sein de son propre camp, ce qui a monopolisé l'essentiel de son énergie. Elle a encore une fois déployé son unique tactique : usant de la séduction dans l'offensive, elle s’est repliée systématiquement sur le terrain de la femme blessée lorsqu'elle s’est sentie menacée. Faussement ingénue, populaire par nécessité, elle s’est fait violence pour rallier les foules et opérer un putsch à l'intérieur même du PS: gagner le coeur des militants pour renverser les éléphants.
D'où un inévitable divorce entre l'appareil du parti et sa candidate. Ségolène fait aujourd’hui campagne sans le PS, tandis que l'UMP est une machine sarkoziste lancée à plein régime. Dès lors, rien d'étonnant à ces bourdes en cascade, ces dégringolades sur des planches savonnées par ceux qui sont censés la soutenir. En guerre froide contre son concubin, ayant congédié son porte-parole, Ségolène est aujourd'hui en rupture de ban. Or elle n'a pas la trempe d'une aventurière. Elle n'a pas le mental d'un chef. Elle est incapable de décider dans la complexité.
L'élection de Ségolène est encore possible car son charme est certain et peut encore la tirer d'affaire dans le registre de la compassion. Mais dans ce cas, nous aurons un président de la république élu par pitié, fragilisé et sans soutien. Cette expérience sera inévitablement un échec cuisant, comme l'a été celle d'Edith Cresson. Elle marquera la fin d'une cinquième république qui était conçue à l'usage exclusif de De Gaulle et aurait du finir avec lui. La France pourrait cependant s'en relever après une crise institutionnelle majeure.
En revanche, l'élection de Sarkozy constituerait un point de non retour car elle marquerait la fin de la France comme entité politique. Sarkozy consacrera le triomphe d'un libéralisme affranchi des pesanteurs nationales, le primat de l'économique sur le politique et la réduction du rôle de l'état à celui d'un système sécuritaire et répressif. Tout est parfaitement planifié. Il a bénéficié du travail des « think tanks » néo-conservateurs. Il dispose de ressources financières quasi-illimitées.
Sarkozy fera table rase des exceptions françaises : un « traité constitutionnel européen allégé » est déjà prêt qui sera ratifié par un vote du parlement pour contourner le veto du référendum de 2005. Ce texte portera un coup fatal à notre souveraineté. Sarkozy alignera la France dans le rang de l’atlantisme, rangeant notre défense nationale dans le camp des forces supplétives de l’US-army, composante nucléaire comprise. Sarkozy achèvera de privatiser les portions financièrement rentables du service public pour laisser aux contribuables la charge des investissements d’infrastructure : l’état sarkosien est une machine à transformer les fonds publics en bénéfices privés. Sarkozy favorisera l’émergence d’une économie mercantile, où les classes moyennes seront pressurées afin de draîner les plus-values nécessaires pour dégager les profits pharaoniques que les nouveaux nababs de la grande finance exigent.
L’identité française, ferment de résistance au conformisme et au nivellement sera noyée dans un cosmopolitisme dont le but ultime n’est pas l’instauration d’un monde pacifique et harmonieux entre des peuples métissés comme on l’annonce. Une civilisation minimale remplacera les cultures nationales dans le seul but de standardisation des besoins de consommation.
Le sarkozisme c’est l’avènement d’une humanité conçue comme un cheptel méthodiquemement exploité. A chaque fois que vous défendrez le brassage culturel et le métissage, le libre-échange et la légalisation des comportements asociaux, à chaque fois que vous vous inventerez des solidarités exotiques avec les indiens du Chiapas ou les micronésiens, loin de braver le sarkozisme, vous l’alimenterez dans son entreprise de déracinement.
La seule résistance possible à l’ultralibéralisme totalitaire, c’est de cultiver ses racines, de s’y cramponner mais aussi de les faire fructifier pour refonder, oui, refonder, une civilisation originale. Une civilisation conforme à l’âme européenne et à l’humanisme français, c’est une société ou la politique est au service de l’homme et où l’homme est au service de sa communauté, dans le respect des lois qu’il a empiriquement établies et des valeurs qu’il a choisi de célébrer.
Comme pour tous les autres textes publiés sur le site "www.lesgarsdelaroyal.com", les propos tenus et les idées développées n'engagent chaque fois que leurs auteurs respectifs.


Commentaires
1. Le lundi 5 février 2007 à 13:06, par Lebroch
2. Le lundi 5 février 2007 à 13:20, par Lebroch
3. Le lundi 5 février 2007 à 13:36, par reeb
4. Le lundi 5 février 2007 à 13:38, par Lebroch
5. Le lundi 5 février 2007 à 15:04, par reeb
6. Le mardi 6 février 2007 à 16:20, par grossel
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