Cécilia Sarkozy n'a pas voté... scoop censuré du JDD !
Par lesgarsdelaroyal, lundi 14 mai 2007 à 12:08 :: Le Billet :: #258 :: rss
Selon les informations de Rue89, le scoop aurait été retiré sur intervention de Lagardère, propriétaire du groupe du JDD.
Premier cas avéré de censure de l'ère Sarkozy... Selon nos informations, le Journal du Dimanche, qui appartient au groupe Lagardère, a renoncé à la dernière minute à publier un article relatant comment Nicolas et Cécilia Sarkozy avaient passé leur dernier dimanche, le 6 mai, jour du second tour. Avec une information choc: Cécilia, l'épouse du candidat, a ce jour-là renoncé à exercer son droit de vote. Un coup de fil d'Arnaud Lagardère a conduit le directeur de la Rédaction, Jacques Espérandieu, à retirer au dernier moment l'article du "menu" du journal.
Une information confirmée par Patrice Trapier rédacteur en chef du JDD, à une journaliste de 20 minutes, sans toutefois parler d'intervention extérieure: "On ne l'a pas publié, car cela relevait de la vie privée de Cécilia."
Samedi matin, Florence Muracciole, chef du service politique, propose deux articles concernant Cécilia Sarkozy: l'un devait décrire les tensions au sein du couple, l'autre l'affaire du "non-vote", découvert par un journaliste. Par respect de la vie privée, le directeur de la rédaction, Jacques Espérandieu, renonce à publier le premier, mais donne son feu vert au second: il rapporte un fait vérifié, et suffisamment symbolique pour valoir publication. Quelques jours plus tôt, Espérandieu a d'ailleurs donné l'impression de vouloir lutter contre les pressions, quoi qu'il arrive: "On va résister", avait-il annoncé à ses troupes dans la journée de mardi."Espé" sait qu'il est sur un siège éjectable: il est dans le collimateur de Christian de Villeneuve, directeur des rédactions de LAM (Lagardère Active Média) depuis fin 2006. Les deux hommes se connaissent bien: lorsqu'il dirigeait la rédaction du Parisien, Villeneuve avait eu la peau de son adjoint Espérandieu. Ce dernier avait rebondi au JDD avant d'être coiffé par Villeneuve...
Samedi matin, l'article est donc mis au "menu" du journal du lendemain... Mais samedi après-midi, tout s'emballe. Jacques Espérandieu demande aux journalistes d'appeler la nouvelle "première dame" avant de publier le scoop. "Une façon de tuer l'info...", commente-on amèrement dans les couloirs du JDD. Sans surprise, Cécilia Sarkozy répond brièvement: "No comment". Plusieurs membres de la garde rapprochée de Nicolas Sarkozy interviennent alors. Il s'agirait de Claude Guéant, ex-directeur de la campagne présidentielle, de Laurent Solly, ex-chef de cabinet du ministre de l'Intérieur, et de Franck Louvrier, l'homme des relations avec la presse.
Espérandieu résiste à ces pressions. Jusqu'au coup de téléphone d'Arnaud Lagardère, patron du groupe, qui exige que l'article soit remisé dans un tiroir. Ce qui est fait vers 20 heures...
La rédaction est sous le choc. Tous les journalistes ont en mémoire l'affaire Genestar, du nom du directeur de la rédaction de Paris Match, autre fleuron du groupe Lagardère. Il avait été viré en juin 2006 pour n'avoir pas prévenu son actionnaire d'une Une qui avait déclenché une colère noire de Nicolas Sarkozy. Le 28 août 2005, l'hebdomadaire avait en effet affiché un cliché suggestif de Cécilia Sarkozy en compagnie de son ami du moment, le publicitaire Richard Attias. Arnaud Lagardère avait attendu un an, mais il avait fini par satisfaire Nicolas Sarkozy, qu'il a un jour désigné comme "son frère".
Guillaume Bouchet et Pascal Riché
L'article original est ICI
Dimanche, en début d'après midi, nous avons cherché à joindre Jacques Espérandieu. Nous avons laissé un message sur son téléphone portable. Il a préféré réagir via l'AFP à nos informations.
Il confirme largement la version de Rue89. Oui, il a ordonné de retirer le papier révélant que Cécilia n'avait pas voté dimanche dernier. Oui, il l'a fait après avoir reçu "un certain nombre de coups de téléphone".
Interrogé par l'AFP, le directeur de la rédaction du Journal du Dimanche Jacques Espérandieu a affirmé avoir pris lui-même "la décision de ne pas passer le papier" jugeant que cela relevait de "la sphère privée".
"Samedi matin à la conférence de rédaction, on m'a annoncé un papier sur l'absence de vote de Cécilia Sarkozy. J'ai demandé de façon expresse que cet article soit accompagné d'un coup de téléphone à la principale intéressée", a expliqué M. Espérandieu.
N'obtenant pas de réaction de Cécilia Sarkozy ni de son entourage, M. Espérandieu a ajouté avoir "beaucoup réfléchi", s'être dit qu'il s'agissait de la "sphère privée" et que "le vote est une affaire personnelle".
"J'ai donc décidé de ne pas passer ce papier et j'en ai averti l'auteur de l'article", a-t-il assuré, ajoutant avoir "eu un certain nombre de coups de téléphone de gens insistant sur le côté très privé et très personnel de l'information".
"C'est moi qui ai pris la décision de ne pas passer le papier, j'assume totalement en mon âme et conscience", a encore dit Jacques Espérandieu.
Jacques Espérandieu conteste par ailleurs que l'article qu'il a retiré relatait de "vifs échanges" au sein du couple, le jour du second tour, comme nous le mentionnions dans une première version. Dont acte. En réalité, le service politique du journal avait proposé deux articles : l'un devait porter sur ces bisbilles, l'autre sur le non-vote de Cécilia Sarkozy. Espérandieu avait renoncé d'emblée à publier le premier. Mais il a attendu 20 heures pour juger que le vote de la première dame de France relevait, lui aussi, de la vie privée.
P.R.
L'article original est ICI
Une information confirmée par Patrice Trapier rédacteur en chef du JDD, à une journaliste de 20 minutes, sans toutefois parler d'intervention extérieure: "On ne l'a pas publié, car cela relevait de la vie privée de Cécilia."
Samedi matin, Florence Muracciole, chef du service politique, propose deux articles concernant Cécilia Sarkozy: l'un devait décrire les tensions au sein du couple, l'autre l'affaire du "non-vote", découvert par un journaliste. Par respect de la vie privée, le directeur de la rédaction, Jacques Espérandieu, renonce à publier le premier, mais donne son feu vert au second: il rapporte un fait vérifié, et suffisamment symbolique pour valoir publication. Quelques jours plus tôt, Espérandieu a d'ailleurs donné l'impression de vouloir lutter contre les pressions, quoi qu'il arrive: "On va résister", avait-il annoncé à ses troupes dans la journée de mardi."Espé" sait qu'il est sur un siège éjectable: il est dans le collimateur de Christian de Villeneuve, directeur des rédactions de LAM (Lagardère Active Média) depuis fin 2006. Les deux hommes se connaissent bien: lorsqu'il dirigeait la rédaction du Parisien, Villeneuve avait eu la peau de son adjoint Espérandieu. Ce dernier avait rebondi au JDD avant d'être coiffé par Villeneuve...
Samedi matin, l'article est donc mis au "menu" du journal du lendemain... Mais samedi après-midi, tout s'emballe. Jacques Espérandieu demande aux journalistes d'appeler la nouvelle "première dame" avant de publier le scoop. "Une façon de tuer l'info...", commente-on amèrement dans les couloirs du JDD. Sans surprise, Cécilia Sarkozy répond brièvement: "No comment". Plusieurs membres de la garde rapprochée de Nicolas Sarkozy interviennent alors. Il s'agirait de Claude Guéant, ex-directeur de la campagne présidentielle, de Laurent Solly, ex-chef de cabinet du ministre de l'Intérieur, et de Franck Louvrier, l'homme des relations avec la presse.
Espérandieu résiste à ces pressions. Jusqu'au coup de téléphone d'Arnaud Lagardère, patron du groupe, qui exige que l'article soit remisé dans un tiroir. Ce qui est fait vers 20 heures...
La rédaction est sous le choc. Tous les journalistes ont en mémoire l'affaire Genestar, du nom du directeur de la rédaction de Paris Match, autre fleuron du groupe Lagardère. Il avait été viré en juin 2006 pour n'avoir pas prévenu son actionnaire d'une Une qui avait déclenché une colère noire de Nicolas Sarkozy. Le 28 août 2005, l'hebdomadaire avait en effet affiché un cliché suggestif de Cécilia Sarkozy en compagnie de son ami du moment, le publicitaire Richard Attias. Arnaud Lagardère avait attendu un an, mais il avait fini par satisfaire Nicolas Sarkozy, qu'il a un jour désigné comme "son frère".
Guillaume Bouchet et Pascal Riché
L'article original est ICI
Affaire JDD : la version du directeur de la rédaction
Par Rue89Dimanche, en début d'après midi, nous avons cherché à joindre Jacques Espérandieu. Nous avons laissé un message sur son téléphone portable. Il a préféré réagir via l'AFP à nos informations.
Il confirme largement la version de Rue89. Oui, il a ordonné de retirer le papier révélant que Cécilia n'avait pas voté dimanche dernier. Oui, il l'a fait après avoir reçu "un certain nombre de coups de téléphone".
Interrogé par l'AFP, le directeur de la rédaction du Journal du Dimanche Jacques Espérandieu a affirmé avoir pris lui-même "la décision de ne pas passer le papier" jugeant que cela relevait de "la sphère privée".
"Samedi matin à la conférence de rédaction, on m'a annoncé un papier sur l'absence de vote de Cécilia Sarkozy. J'ai demandé de façon expresse que cet article soit accompagné d'un coup de téléphone à la principale intéressée", a expliqué M. Espérandieu.
N'obtenant pas de réaction de Cécilia Sarkozy ni de son entourage, M. Espérandieu a ajouté avoir "beaucoup réfléchi", s'être dit qu'il s'agissait de la "sphère privée" et que "le vote est une affaire personnelle".
"J'ai donc décidé de ne pas passer ce papier et j'en ai averti l'auteur de l'article", a-t-il assuré, ajoutant avoir "eu un certain nombre de coups de téléphone de gens insistant sur le côté très privé et très personnel de l'information".
"C'est moi qui ai pris la décision de ne pas passer le papier, j'assume totalement en mon âme et conscience", a encore dit Jacques Espérandieu.
Jacques Espérandieu conteste par ailleurs que l'article qu'il a retiré relatait de "vifs échanges" au sein du couple, le jour du second tour, comme nous le mentionnions dans une première version. Dont acte. En réalité, le service politique du journal avait proposé deux articles : l'un devait porter sur ces bisbilles, l'autre sur le non-vote de Cécilia Sarkozy. Espérandieu avait renoncé d'emblée à publier le premier. Mais il a attendu 20 heures pour juger que le vote de la première dame de France relevait, lui aussi, de la vie privée.
P.R.
L'article original est ICI


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