C’est aujourd’hui une réalité, c’est désormais une certitude, un but politique affiché, Nicolas Sarkozy veut réunir en ses mains tous les pouvoirs.

Au sein même du système démocratique qui est le nôtre, utiliser les outils de la liberté pour mettre en place … la dictature ?

Une dictature démocratique est-elle envisageable, souhaitable, possible ?

Ah ! Ah ! Ah !... Oups, ça m’a échappé.

Il n’est pas nouveau ni étrange sur cette Terre qu’un homme veuille plus que diriger : qu’il veuille régner.

La dictature est le fondement de la construction civilisatrice humaine.

Enfouis au plus profond de notre patrimoine génétique, il y a cette flamme de la Dictature avec un grand « D ».

Car chez l’Homme, il ne s’agit pas de dicter à ses semblables seulement mais de dicter à la nature et à Dieu lui-même.

Comme pour les rois de France, autoproclamés (pourquoi se gêner ?) représentants de Dieu (Ah ! Ah ! Ah !) sur la Terre, l’histoire est jonchée d’êtres humains plus humains que les autres dont la seule et unique force de vie à consisté à tout détruire autour d’eux et parfois plus loin encore.

Ainsi donc, après des millions d’années de hasards et de transformations, la nature a-t-elle accouché de l’Homme, ce petit ver de terre pensant qui porte en lui la destruction de tout l’univers.

Nicolas Sarkozy ne serait donc que le fruit de toute cette architecture génétique classique, accidentelle et humaine… rien de bien nouveau en ce bas monde.

Non, ce qui l’est -nouveau et inattendu- c’est que cet homme soit arrivé au sommet de tous les sommets par voie (et voix) électorale… en France… en 2007 !

Notre histoire s’était habituée souvent à ces faits étranges. Tous les grands dictateurs ont étés portés par les peuples comme les sauveurs qui allaient les délier de tous leurs maux.

Oui, mais c’était avant. C’était autrefois. C’était il y a longtemps. Très longtemps. C’était, le pensait-on, dans un passé révolu.

Et puis il y a eu Thatcher. Et puis il y eu Berlusconi. Et puis il y a eu Bush. Et puis il y a eu Poutine. Et puis il y a eu Sarkozy.

Or, si depuis cinquante ans nos états font l’Europe c’est, veut-on y croire, pour éloigner les guerres du champ des possibles, pour rapprocher les hommes en gommant leurs antagonismes, pour vider les gouvernances de leurs soifs de dictatures.

Et là, le pire cauchemar des historiens a eu lieu : les peuples ont oublié l’Histoire. Leur histoire.

Nos démocraties ont réussi ce tour de passe-passe absolument prodigieux : dans le pays de Pétain et de Napoléon, sur la terre qui a vu César venir à bout de Vercingétorix et des gaulois, le peuple de France a choisi celui des candidats qui menaçait le plus ouvertement ses libertés.

Libertés gagnées au prix de la mort de ces millions d’ancêtres, qui se retournent déjà dans leurs tombes et dans leurs charniers, inondant la terre –après bien des générations- de leurs larmes et de leurs cris.

La France de la révolution française, deux cent ans après la prise de la Bastille, a remis un roi sur un trône qu’on croyait poussiéreusement et définitivement enfermé au musée !

On est en plein cauchemar. La démocratie produit-elle des dictatures ?

La France des droits de l’Homme adoube et porte aux nues un partisan du pouvoir absolu.

Le peuple, par les urnes, reconstruit la Bastille !

Alors bien sûr, m’objecterez-vous, Nicolas Sarkozy est un démocrate, bien sûr il y a des contre pouvoirs en France, la constitution de la 5è République est bien construite et puis quoi, merde, il a été élu par le peuple, démocratiquement. Il a juré qu’il tiendrait ses promesses, il n’a pas le choix, on peut lui faire confiance !

Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Comme tout cela est charmant.

Dictature, définition du dictionnaire : Régime politique dans lequel le pouvoir est entre les mains d'un seul homme ou d'un groupe restreint qui en use de manière discrétionnaire.

Et ce qui est en train de se passer en France, est-ce que ce n’est pas le calque parfait de cette définition (honteuse !) du dictionnaire ?

Dictateur, définition du dictionnaire : Celui qui, investi légalement ou non du pouvoir politique, l'exerce de façon autoritaire, voire tyrannique.

Je rêve ou Nicolas Sarkozy est en train de respecter le dictionnaire ?

D’où est-ce que tout cela vient-il ?
Est-ce que la démocratie c’est comme le chocolat ? Si on nous en gave on n’en n’a plus envie ?
Le trop plein de démocratie est-il le fossoyeur de nos libertés ?
Est-ce que l’exercice non démocratique du pouvoir par des élites à la seule recherche de leur intérêt personnel a convaincu les peuples que rien ne valait un bon pouvoir absolu à la papa et que, on était allés si bas, que rien de grave ne pouvait plus nous arriver ?

Mystère et boule de gomme.

N'empèche, convaincu depuis toujours que l’exercice du droit de vote ne doit pas être donné mais obtenu, comme le permis de chasse ou le permis de conduire, je me rends compte qu’il ne se passe pas de jour sans que notre système démontre l’étroitesse de ses limites.

Il ne viendrait à personne de confier la responsabilité d’une centrale nucléaire à un jeune bachelier, ni le pilotage d’un A380 à un aveugle manchot. Et pourtant, qui d’entre nous n’hurlerait pas son indignation si la société leur refusait, tous deux, leur carte d’électeur.

Et pourtant, la vie d’une nation comme la France, au sein de l’Europe, forte de ses 62 millions d’hommes, de femmes et d’enfants, n’est-elle pas plus précieuse encore ?

A force de réduire les peuples à l’état de consommateurs, à force de leur faire croire qu’ils pouvaient tout au seul principe qu’ils étaient des citoyens vivants, le système (de droite, du centre, de gauche) est parvenu à leur retirer tout esprit critique, à leur faire gober que la Volonté valait l’Instruction et que la seule Envie valait le Savoir.

Le quatrième pouvoir a cessé d’être un contre pouvoir au service du citoyen pour devenir une machine à décerveler au service des puissants.

L’objet règne en maître.

On économise sur le biberon des bébés pour se payer une console de jeu.

Il n’est plus de savoir si on a chez soi la télévision mais combien on en a et quelle est la taille de l’écran.

Nos démocraties sont parvenues à mettre leurs citoyens au service des puissances de l’argent et de leurs industries.

Etre libre en 2007 c’est avoir les moyens de consommer.

Nous travaillons pour avoir les moyens de se payer nos propres chaînes, celles que nous soudons à nos membres.

C’est donc en toute logique que le nouveau président de la République est Nicolas Sarkozy.



La vente d'une esclave... la nouvelle image de Marianne ?


(Tableau de Jean-Léon Gérôme)